Fraise et Chocolat

Si vous ne deviez avoir qu'une BD érotique dans votre bibliothèque, faites que ce soit Fraise et Chocolat ! Cette autofiction d'Aurélia Aurita (alias Chendra) vaut son pesant d'or. C'était LA BD de 2006, toute catégorie confondue.

Déjà, lorsqu'une Asiatique parle de cul, c'est tout de suite 1000 fois plus érotique ! L'auteur met en scène le début de sa relation avec Frédéric Boilet, un dessinateur de BD chevronné. Boilet a émigré au Japon et elle le rejoint quelques jours...
 
Pas de pudibonderie ! Au bout de 6 pages, Chendra a déjà droit à un cunnilingus ! 20 pages plus tard, elle se fait sodomiser. Et des pages, il y en a 150...

Le premier tour de force, c'est d'être cru, sans être vulgaire. Les "fraises", ce sont les règles de Chendra. Quant au chocolat, c'est de la merde sur le sexe de Frédéric, après avoir sodomisé sa compagne... Tout n'est qu'euphémismes et sous-entendus. Même le trait de la dessinatrice est léger.

Et puis, il y a ce couple dépeint de façon réaliste, avec la naïveté du début d'une relation. Lorsqu'on a tellement soif du corps de l'autre, qu'on ne fait presque plus rien. Même faire le lit ou tomber devient un prétexte à faire l'amour ! Et la moindre soirée se transforme en câlin. Tant pis pour les sorties prévues... Il y a aussi des questions plus terre-à-terre. Chendra est plus jeune que son amant. Elle a peur que son inexpérience soit criante, qu'elle ne soit qu'une fille de plus à son tableau de chasse (alors qu'elle est amoureuse), qu'il ne la désire plus, etc.
Depuis Aurélia Aurita a écrit d'autres livres. Est-ce qu'avec Fraise et Chocolat, elle voulait faire le buzz ? Ou bien est-ce que rétrospectivement, elle a trouvé que c'était trop intime, trop érotique ?

En tout cas, les livres suivants furent nettement plus sage. Elle parle surtout de la vie au Japon, où il n'est pas facile d'avoir un faciès asiatique (les Japonais étant condescendants, voir méprisants à l'égard des "autres Asiatiques".)

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