L'arnaque de Daisy


On estime que 1,4 millions d'Américaines sont des "créatrices de contenu adulte". Autrement dit qu'elles tiennent un Onlyfans ou assimilé. Parmi elles, un demi-millions de jeunes Américaines de 18 à 25 ans. Souvent, le spectateur y est traité comme une vache à lait. Daisy n'est pas la pire, mais c'est un bon exemple.

Comme tous les réseaux sociaux, X (ex-Twitter) vous propose régulièrement de suivre de nouveaux comptes.

C'est ainsi qu'il m'a recommandé une publication de Daisy.


Daisy se présente comme une Japonaise-Américaine. Elle a adopté un look gothique sexy.

Sur X, ces posts sous-entendent qu'elle a du contenu plus épicé. Très maligne, elle évite d'en parler ouvertement (ce qui lui voudrait un shadowban de X.)

Notez qu'elle ne suit qu'une poignée de compte (d'autres créatrices), dont elle ne reposte même pas les opérations de promotion. De plus, elle ne réagit pas aux éventuels like de ses followers.

Comme prévu, ce compte X sert à tracter vers un site plus épicé. Voir Daisy, dans des situations plus intimes, pourquoi pas ?

Onlyfans possède une réputation de site se prenant de grosses commissions et sur lequel il est impossible de décaisser tous ses revenus d'un coup.

Daisy a donc opté pour l'un de ses nombreux clones. En l'occurrence, le Britannique Fanvue.

L'accès est gratuit, mais on vous demande votre carte de crédit. Car au septième jour, il devient payant. Et comme on est en France, vous devez passer par le site de vérification d'âge.

Lorsqu'enfin, vous pouvez ouvrir le site, vous tombez sur des photos comme celle-ci :

Oui, c'est du très, très soft. La plupart des photos sont en plan Américain. Ci-dessous, voici ce que j'ai trouvé de plus excitant.

Dire qu'il faut payer 10,36€ par mois pour ça...

Et en plus, c'est du retouché sous IA. D'où le logo, en haut à gauche.

Là, on est sur un site payant. Mais pour en voir plus, il faut payer encore plus !

Pour 16,37€, vous aurez royalement accès à 5 photos d'elle en lingerie noire. Pour 24,99€, vous pourrez voir 5 photos de ses seins. Et pour 42,22€, vous pourrez voir royalement 6 photos de son vagin et de son anus ! Ca fait cher la photo. Soit il faut être du genre rapide, soit il faut les faire défiler très lentement...

Et bien sûr, ce sont des photos sous IA.

Je me suis senti dupé. Je lui ai laissé un message et sa réponse n'a pas tardé. Je l'accuse sans avoir tous les éléments, ni connaître la personne !

Peut-être qu'elle ne se sent pas assez à l'aise avec son corps, d'où l'utilisation de l'IA. Et qu'elle est trop timide pour prendre davantage de photos nues... Sauf qu'en attendant, j'ai payé !
Imaginez que vous allez chez le boulanger et qu'il vous tend une baguette moisie. Peut-être que le boulanger a ses raisons. Mais au final, il vous a vendu une baguette moisie ! Et logiquement, la fois suivante, vous changerez de boulangerie !

Daisy n'était pas dépitée de vendre du contenu de m.... ; elle est dépitée parce que ça s'est vu. Elle n'a aucune empathie pour les utilisateurs. Ils sont là pour payer, point.

Donc, miss Daisy, tu peux garder tes photos de tes fesses sous IA ; je vais de ce pas changer de crémerie.


Dans le porno, les actrices sont payées à la scène. Que le film soit téléchargé 1 ou 10 000 fois, elles ne gagnent pas un centime de plus. Et bien sûr, lorsqu'une scène est recyclée sur un autre site ou dans un best of, elles ne touchent rien. Onlyfans devait leur apporter une stabilité de revenu.

En face, vous aviez des fans qui souhaitaient interagir avec leurs actrices préférées. Recevoir du contenu personnalisé et dialoguer avec elles... Onlyfans devait permettre un échange direct, plus intime.

Telle était le rêve prométhéen d'Onlyfans (et de ses clones.)

Quid de la réalité ? Payer toujours plus, des photos retouchées sous IA et un bot qui gère le chat. Car chez Daisy, comme chez d'autres, il y a des messages génériques qui tombent.

Plus globalement, lorsque j'ai débuté ce blog, en 2016, c'était le temps des tubes. On trouvait quantité de porno gratuit. Il n'y avait même plus besoin d'aller sur un site de P2P ! Le mot-dièse #payforyourporn avait été lancé pour faire appel à l'humanité des spectateurs. Que vous payiez votre porno, afin de rémunérer l'industrie.

Mais trop souvent, pour l'industrie du porno, le spectateur est un gogo. C'est des sites payants rarement mis à jour. Des sites de VOD qui effacent votre bibliothèque du jour au lendemain. Et même les créatrices de contenu vous crachent à la figure. Le respect du client, c'est l'exception, pas la norme. Alors pourquoi payer son porno si on va chercher à vous escroquer ?

Commentaires