Jacques Chirac disait : "Les emmerdes, ça vole en escadrille." Entre piratage, effondrement des ventes de DVD, naufrage du mécène Canal +... Le X Français a sans doute eu se sentiment durant la période 2005-2015, lorsque le sol s'ouvrait sous ses pieds...
A la fin des années 90, internet débarquait. C'était à la fois un média et un médium. Les producteurs et distributeurs de film X se demandait comment l'intégrer et surtout, comment le monétiser.
A l'heure des modems 56k, il fallait une bonne minute pour charger une image de définition moyenne. Pour un clip de 5 minutes de qualité DivX, comptez une bonne quarantaine de minutes de chargement... Sous réserve que votre modem fonctionne en continue... C'était l'époque du message d'erreur qui tombait -loi de Murphy oblige- à 95% de chargement. En plus, les fictions Françaises étaient compliquées à découper en courtes scénettes.
Enfin, les moyens de paiement en ligne n'étaient pas du tout sûres.
Malgré tout cela, quelques pionniers comme Ton Cul Mon Blé ou Beurettes Rebelles tentèrent leur chance.
Le seul producteur à faire quelque chose de marquant sur le net, ce fut John B Root. Son
Explicite, devenu
Inkorrekt est une espèce de blog/site porno gonzo. John B Root filme des débutantes pour des scènes spécifiques au web (les stars plus connues se retrouvant sur les DVD), dans une ambiance très intimiste.
Sharon Lee, Jasmine Arabia,
Katia de Lys ou
Angell Summers y ont ainsi fait leurs premiers pas.
Vers 2004, les premières box ADSL apparaissaient, avec une vitesse de 1 mégaoctet par seconde. Soit un chargement vingt fois plus rapide et surtout, beaucoup plus stable. Mais il y avait encore de nombreux FAI, en plus de ceux que l'on connait : Alice, AOL, Club Internet, 9 Télécom... Il y eu une guerre commerciale et le téléchargement (illégal) rapide était un argument de vente !
C'était le temps de
Kazaa,
The Pirate Bay,
eMule,
Mega Upload,
Bittorrent, etc. En quelques jours (puis quelques heures), vous pouviez télécharger un film complet. Avec la progression de la technologie, vous obteniez ensuite des films en qualité HD.
La conséquence logique du développement du téléchargement, c'était la chute vertigineuse des ventes de DVD. Blue One ne s'en remit pas.
Mais aussi, sur le web, les internautes Français découvrirent d'autres genres de pornos. Du porno Japonais, Américain, Espagnol, du gonzo, des films de casting... Un porno nouveau, loin
des histoires de chatelains partouzeurs de Marc Dorcel, diffusées régulièrement sur Canal +.
Justement, Canal+, la mère nourricière du porno Français, allait mal. La chaine cryptée a subit les ambitions ruineuses de Vivendi et de son PDG, Jean-Marie Messier. Sans oublier la concurrence du satellite. Les PDG défilaient, tandis que les "historiques" quittaient bruyamment la chaine. Les plans d'économies se succédaient et la direction était plus floue.
Dans ce contexte, le financement des films était réduit au minimum syndical : 45 000€ par tournage.
Myporn Productions tenta un nouveau concept : le financement participatif. Les internautes achetaient des parts d'un film pas encore tourné et ils pouvaient influer sur le scénario. Son
DXK, très vaguement inspiré de l'affaire du Sofitel, fit le buzz. Puis plus rien.
La vraie nouveauté est venue du X amateur. Michel Piron était fonctionnaire (de la SNCF ou de l'éducation nationale ?) et libertin. En 2004, il lança le site
Jacquie & Michel. Sur le fond, rien de très neuf depuis
Laetitia : de pseudos amatrices commencent par se présenter, face caméra, puis elles couchent avec des acteurs. Mylène Johnson,
Luna Rival, Jureka del Mar, Anaïs Labrune et bien d'autres ont débuté là.
Ce qui a sans doute fait le sel de
Jacquie & Michel, c'est qu'il y a tous les styles : des petites, des grandes, des maigres, des grosses, des jeunes, des vieilles, des Asiatiques, des beurettes, des noires, etc. De même, il y a un côté faussement spontané.
Alors, quel est le secret ? Est-ce la proximité apparente entre le caméraman et l'actrice ? Le volume de vidéos (J&M sous-traitant à une dizaine de réalisateurs) ? Un format court (20 à 30 minutes par scène), plus adapté à la VOD ? Ou à la viralité du "Merci qui ? Merci, Jacquie et Michel" ?
L'apogée de
Jacquie & Michel arrive vers 2015. Le site rachète Colmax et Hot Vidéo ; la licence est distribuée tout azimut (sex-shop, bière, site de rencontre...) Surtout, il lance
Jacquie & Michel Elite, qui tente de concurrencer Marc Dorcel
dans les fictions. J&M a également lancé le blog
La Voix du X.
Marcel Dorcel tenta de répliquer avec Plan Réel et Cocoricu. Des films qu'il distribuait, faisant parfois appel aux mêmes réalisateurs. Sans succès.
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